J’ai arrêté la pilule contraceptive : le bilan

Le 15 novembre 2018, je vous expliquais que j’arrêtais la pilule, du jour au lendemain. J’appréhendais pas mal les effets du sevrage, dont je peux aujourd’hui parler avec un peu de recul.

N’oubliez surtout pas : Si vous décidez d’arrêter la pilule, vous n’êtes PLUS protégées, pensez donc à utiliser un autre moyen de contraception automatiquement dès l’arrêt si vous ne voulez pas avoir de surprises non prévues au programme 🙂

Le premier mois

Les négatifs : j’ai eu des maux de tête dans les 2 premières semaines qui ont suivies, même si c’est difficile de savoir si c’était lié au sevrage ou non, mais j’aurais tendance à dire que oui. J’ai aussi eu de temps à autre des crampes, comme celles qu’on a avant d’avoir nos règles, que j’attribue au fait que les ovaires se réveillent péniblement après avoir dormi plusieurs années. J’ai fait pas mal de cauchemars, et eu des sueurs nocturnes (on croirait que je parle d’un sevrage de drogue, la pilule en serait-elle une ?!). J’ai aussi été très très fatiguée, et à nouveau je ne sais pas si c’est lié, mais j’en ai l’impression. Certains jours, j’ai aussi été très irritable, la moindre choses m’énervait. C’était d’ailleurs marrant de s’en rendre compte.

Les positifs : je n’ai aucune idée de si c’est lié ou non, mais j’ai retrouvé du goût. Depuis plusieurs année, je mange assez salé, et ces derniers mois j’ai remarqué que je salais vraiment beaucoup mes plats, avec une tendance à re-saler mes assiettes. Sans sel, impossible d’apprécier le plat autant, j’avais l’impression que ça n’avait pas de goût. Eh bien depuis l’arrêt de la pilule, j’ai l’impression de l’avoir retrouvé ! Autre point très positif non négligeable et dont tout le monde parle généralement suite au sevrage : la libido qui remonte en flèche. Je me suis toujours refusée d’admettre que ma libido avait baissée, d’autant qu’elle n’était pas au point mort. Il faut cependant avouer qu’entre il y a quelques années et maintenant, du haut de mes presque 25 ans, il y a un monde de différence. A y repenser, oui, je suis certaine aujourd’hui que la pilule a joué là-dedans, parce qu’excusez-moi, mais à 25 ans, en pleine fleur de l’âge, vous n’allez pas me dire qu’il est considéré comme logique d’avoir une libido en berne. Et rien que pour ça, ça vaut la peine de dire merde à la pilule. Cette vie est suffisamment compliquée que pour s’infliger la perte de côtés aussi positifs.

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Du côté des points positifs encore, malgré les difficultés et la fatigue, près d’un mois après l’arrêt, je me suis sentie vraiment vraiment bien. Moins d’anxiété (notamment une immense amélioration de mon anxiété sociale), beaucoup plus d’énergie, humeur au beau fixe comme ja-ja, j’ai eu l’impression de voir la vie sous un nouvel angle, et purée qu’est-ce que a fait du bien !

En bref, le bilan près d’un mois plus tard est donc clairement positif, je me sens mieux dans ma peau, mieux dans mon corps, mieux dans ma tête !

4 mois plus tard

Rien n’a changé, et pourtant tout a changé, et ça fait tellement de bien de vivre ça, de revivre en fait, tout simplement.

Fin décembre, j’ai fait posé un DIU en cuivre, sans hormones donc. Aujourd’hui, après environ 4 mois sans pilule et 2 mois avec le DIU en cuivre, petit point :

Les négatifs : A l’heure actuelle, le seul que je vois encore est le fait de vivre plus intensément mes émotions, ce qui peut parfois être un peu handicapant. Plus émotive, je pleure plus facilement, et quand je me sens mal, c’est parfois très très mal que je le vis. Mais heureusement, c’est la même chose du côté positif et mes moments de joie sont bien plus intenses également !

Les positifs : Toujours rien à signaler concernant une poussée d’acné, et ma peau est même plus équilibrée au niveau de mon visage. Les cauchemars ont disparu et mes nuits sont meilleures. Du côté de l’anxiété, ça continue de s’améliorer également. Peut-être y a-t-il un rapport avec le fait de mieux voir mes émotions, de mieux les écouter donc. Le stérilet me permet de ne plus devoir penser à rien, ni à prendre un comprimé, ni à avoir mes prescriptions. Ca allège quand même d’un sacré poids !

Le DIU en cuivre

En quelques mots… Sans hormone, c’est un des contraceptifs les plus sûrs qu’on puisse trouver. Il se place en période de règles, en quelques secondes, et peut se garder jusqu’à 5 ans. La pose peut être douloureuse, parfois elle n’est qu’un pincement, et les quelques jours qui suivent peuvent aussi être douloureux.

Par la suite, il n’y a plus de souci à se faire : il ne se sent plus ! Chez certaines, il rend les règles plus longues, plus douloureuses et plus abondantes, et chez d’autres, tout le contraire. Une expérience n’est donc pas l’autre, et le seul moyen de savoir ce qu’il en est pour vous, c’est de tester. Personnellement, mes règles ne sont pas plus longues, et absolument plus douloureuses (genre plus du tout, oui oui, c’est bizarre).

(Si vous avez des doutes, des craintes, des questions, en rapport avec le DIU en cuivre, et que vous aimeriez en discuter, n’hésitez pas à me contacter)

Et le mieux ? Il n’a aucun effets secondaires, contrairement aux contraceptifs hormonaux 🙂

Conclusion

Je ne regretterai jamais ma décision d’arrêter la pilule et d’avoir trouvé une alternative aussi pratique qu’efficace me permettant de vivre pleinement sans influence d’hormones de synthèse, sans risques accentués liés à cela, avec aujourd’hui un contrôle totalement mien sur mon corps et mon mental. Je peux sembler militante par rapport à ce sujet, c’est aussi parce qu’il me tient à coeur. Autour de moi vous êtes nombreuses à avoir subi les dommages des contraceptifs hormonaux, qu’ils soient psychologiques, physiques, allant parfois jusqu’à dépasser le point de non retour. Je suis scandalisée qu’on empoisonne encore tant de femmes, tant de jeunes filles. Est-ce réellement cela que l’on veut offrir à nos enfants ? A notre soeur ? A notre meilleure amie ? Autant de risques physiques et mentaux, des risques mortels – rappelons-le -, vitaux… Quelle que soit la décision que l’on prend, dans tous les cas, informer, sensibiliser, me semble important.

Et vous, quels effets avez-vous observés à l’arrêt de la pilule ? Avez-vous une différence avec quand vous la preniez ?

Je vous embrasse,

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9 commentaires sur “J’ai arrêté la pilule contraceptive : le bilan

  1. Je suis en pleine réflexion sur l’arrêt de la contraception hormonale, mais je ne trouve pas de solution de remplacement idéale. J’ai testé le stérilet et je n’ai pas du tout supporté… Ton article réveille quand même pas mal de choses, je ferais bien le test pendant un mois pour observer les changements.

    • C’était le stérilet en cuivre que tu as testé ? Dans le « pire » des cas, bien que ça ne puisse pas sembler l’idéal, vois peut-être pour le simple préservatif ? Ça nous permet en tant que femme d’avoir une pause dans toutes ces choses, ne plus rien infliger à notre corps pendant un temps et le laisser reprendre un équilibre naturel 🙂

  2. Ping : Ilovemyself - Pourquoi j'ai décidé d'arrêter de prendre la pilule

  3. Cela fait 3 mois que j’ai décidé d’arrêter aussi la pillule et notamment pour la question de la libido. Pour ma part, je n’ai ressentie aucune amélioration à ce niveau (dommage pour moi 😅) après je sais qu’il y a une question de contexte qui joue aussi. Autres points négatifs, l’acné. Durant toute mon adolescence je n’ai pas fait d’acné, aucuns boutons à déclarer. Depuis que j’ai arrêté la pillule, j’ai littéralement une crise d’acné dans le dos et sur la poitrine (mon visage n’est pas encore touché, croisons les doigts pour que ça dure). Tout comme toi, j’ai resentie aussi des douleurs aux niveaux des ovaires durant le premier mois. Par contre et pour ma part, mes migraines ce sont literallement améliorées, je n’ai plus de nausées et ne doit plus spécifiquement être allongée dans le noir non plus :). Bref, pour moi, l’expérience reste tout de même positif et confirme l’idée de ne plus du tout reprendre d’hormones. Le tout maintenant reste de convaincre l’autre sexe pour la vasectomie (c’est pas gagné mais ça fait doucement son chemin 😀).

    • Comme quoi, nous réagissons toutes fort différemment ! C’est chouette d’avoir plusieurs points de vue pour avoir une vision des effet qui peuvent arriver en fonction des personnes ! Malgré les inconvénients de l’arrêt, la vie sans hormones est quand même mieux 😀

  4. Hello. Perso, j’ai arreté la pillule il y a des années mais je reste sous hormones avec l’anneau cette fois.
    L’année prochaine je vais surement passer au sterilet l.
    Je trouve que maintenant, c’est vrmt mieux de tout arreté ou du moins des diminuer les hormones. Tu as bien fait.

    • De ce que j’ai compris, les hormones de l’anneau sont moins « fortes » que celles de la pilule, et donc c’est déjà mieux en termes d’effets secondaires et de risques ! Mais effectivement, le plus « naturel » reste malgré tout de ne plus avoir d’hormones du tout. Maintenant j’ai vu beaucoup de filles qui ne supportaient pas le DIU en cuivre et étaient « obligées » de continuer avec des hormones, dans ce cas les diminuer, notamment avec un anneau par exemple, c’est un bon compromis !

  5. Hello!
    Petite question concernant le DIU: ton gyné a accepté de le placer malgré ton jeune âge ? J’ai eu le malheur d’en parler au mien il y a 2 ou 3 ans (donc j’avais 23-24ans) et il m’a remballé en me disant que j’étais trop jeune, que c’était généralement après un premier enfant, et puis surtout qu’il ne se mettait que pour une durée de ± 5 ans et que donc c’était dommage d’en mettre un si je voulais un enfant dans les prochaines années … J’ai évidemment changé de médecin depuis (haha) mais j’avoue que je n’ai jamais pensé à reposer la question puisque dans ma tête on m’avait déjà dit non!

    • Coucou Elise ! De ce que j’avais vu sur internet dans les témoignages, c’est très courant que les gyné sortent cette excuse-là, alors que depuis plusieurs années maintenant, il y a des stérilets plus spécifiques qui existent pour les femmes nullipares, qui sont plus petits ! Lorsque j’en ai parlé à mon gyné, il m’a simplement demandé pourquoi je voulais changer (pour voir si c’était à cause d’un souci que je pouvais avoir avec la pilule), et n’as pas du tout été contre ma décision. Je viens de Belgique, j’ai cru comprendre que de manière générale, c’était un peu mieux accepté par les gyné ici qu’en France par exemple, mais ça dépend beaucoup des régions et des gynés au final… Il y a un groupe Facebook parlant de l’arrêt de la pilule, avec plein de filles venant de France, Belgique, et autre (francophone) appelé « Dearlobbies.® | Arrêt de la pilule / contraceptions hormonales (Féminin) » sur lequel on s’entraide, s’informe et échange autour de ce sujet, et régulièrement des filles demandent conseil pour des gynés qui acceptent. N’hésite pas à aller y faire un tour (et si tu ne le trouves pas, dis le moi, on s’arrangera autrement pour que je t’y ajoute) 🙂

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