Pourquoi j’ai décidé d’arrêter de prendre la pilule

Contexte

J’avais 16 ans quand je suis sortie avec mon premier copain, et comme beaucoup d’entre nous, j’ai eu droit à cette fameuse visite chez la gynécologue pour avoir un moyen de contraception : la pilule, simple, efficace, et surtout classique. Je n’ai d’ailleurs reçu que ça. Aucune information concernant le risque augmenté d’AVC, concernant les effets secondaires possibles, concernant le fait que fumer constitue un risque d’autant plus grand lorsqu’on prend la pilule, etc. Rien non plus concernant les risques de maladies ou infections sexuellement transmissibles, à part un vague « la pilule ne protège pas des maladies« , chose que tout le monde sait, à priori. Bref, ça semble insignifiant, mais c’est important pour la suite de cet article.

J’ai changé quelques fois de pilule pour pouvoir trouver une qui me convenait bien. Je n’ai jamais eu de gros effets secondaires : pas de prise de poids, pas d’acné provoquée par la pilule, rien de tout ça. La pilule, c’était donc confortable pour moi, et d’autant plus confortable que j’ai commencé à la prendre en continu, pour ne pas avoir mes règles. Pourquoi ? Parce que je ne supportais pas de les avoir, elles provoquaient non seulement des sautes d’humeur horribles (mais pas celles qui font râler contre tout le monde, celles qui font que l’humeur plonge jusqu’à se dire que mourir c’est cool, vous voyez ?), elles me faisaient me haïr profondément, me dégoûter de moi-même jusqu’à à avoir envie de me faire du mal. Les règles, c’était vraiment pas mon truc quoi (dommage Sarah, t’es une femme, c’est ballot). Donc, quand j’ai découvert que prendre la pilule en continu me permettait de ne plus vivre ça, évidemment, j’ai sauté dessus !

Après plusieurs changements de pilule, je suis tombée sur LA pilule magique : une pilule faite pour être prise en continu, qui permettait de ne plus avoir ses règles, ni de spotting. N’étant pas issue de la grande boîte pharma dont je tairais le nom mais que tout le monde a deviné, et ayant moins d’impact sur le foie également, elle semblait être un cadeau tombée du ciel. Me voilà donc, 4 ans plus tard, à ne plus avoir eu mes règles, à profiter de la stabilité émotionnelle, du confort et de la facilité de la prise de pilule chaque matin, devenu automatique, et si pratique. Ou du moins, c’est ce que je pensais.

Le jour où ma vie a radicalement changé

Toutes les belles histoires ayant une fin, mon histoire avec la pilule en a une aussi. Avec tout ce qu’on a pu dire ces derniers sur la pilule, j’ai commencé à me méfier, me renseigner. Quand on prend vraiment la peine de chercher, ce qu’on trouve peut faire vraiment peur : risques de phlébite (thrombose veineuse), d’embolie pulmonaire, risques d’infarctus, d’AVC… Ca fait réfléchir quand même. Je ne parle même pas des effets secondaires possibles sur le psychologique : dépression, idées suicidaires pouvant aller jusqu’à la tentative de suicide, fatigue, colère, sautes d’humeur, émotivité excessive, sensation de retrait par rapport aux autres, au monde…

Je me suis alors retrouvée en pleine réflexion : était-ce vraiment une bonne idée de continuer à prendre ce poison ? Seulement voilà, c’est confortable de ne plus avoir de règles, de ne pas se préoccuper du risque de tomber enceinte, c’est quand même une grande facilité cette pilule. Alors j’ai continué, malgré quelques angoisses que j’ai gentiment rangées dans le fond de ma tête.

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Et puis ma pilule a été en rupture de stock. Il m’en restait pour environ un mois et demi, de quoi avoir un peu de temps pour me retourner. Je fais donc des recherches sur internet pour savoir où je pourrais encore en trouver. Et là, c’est quelque chose de bien différent que je trouve : plusieurs témoignages clamant que cette pilule devrait être retirée du marché, qu’on oublie de nous dire qu’il faut faire des IRM de contrôle parce que… Elle provoque des méningiomes (= une tumeur cérébrale développée à partir de cellules des enveloppes du cerveau et de la moelle épinière appelées les méninges). Ah. Bon. Merde. Ca a été le risque de trop, j’étais à deux doigts de paniquer. Oui mais… Par quoi la remplacer ? Comment retrouver le même confort ? La même facilité ? (oui oui, je tiens vraiment à ce confort, vous l’aurez remarqué, je m’y accroche aux dépends de ma vie en fait lolilol).

Vient alors la discussion avec mon copain, je lui fais part de mes recherches, de mes trouvailles, de mes inquiétudes. Pour lui, une seule chose à faire : arrêter, et MAINTENANT. Hors de question de mettre ma vie en danger pour un confort. Voilà donc comme je me suis retrouvée, le 16 novembre 2018, à ne pas prendre mon comprimé pour la première fois en 8 ans. Panique totale. Comment mon corps et ma tête vont-ils réagir ? Quels effets de sevrage vais-je avoir ? Comment vais-je vivre mes premières règles depuis 4 ans ? Les questions se bousculent, mais une chose est sûre : je ne veux plus mettre ma vie en danger au quotidien. J’ai 24 ans, la vie devant moi, impossible de continuer comme ça.

J’ai quand même vécu une mini révolte intérieure : pourquoi personne ne m’avait prévenue ? Pourquoi les médecins, les gynécologues n’ont rien dit ? Théorie du complot : voulaient-ils tous ma mort ??! (spoiler alert: le big pharma vous veut du mal, mais pas vous tuer, simplement vous rendre suffisamment malades que pour que vous preniez d’autres de leurs médicaments, histoire de vous pomper du fric, et pour vous rendre malade, et pour vous soigner, d’une pierre, deux coups, héhé).

(p/s: on est bien d’accord que le big pharma n’est pas que ça évidemment)

Vos témoignages

Je vous avais posé la question sur instagram, et vous avez été très nombreuses à me dire vos alternatives à la pilule. Vous m’avez aussi parlé de difficultés que vous avez pu avoir à cause de la pilule, et qui font froid dans le dos.

Je pense notamment à l’une d’entre vous qui a failli mourir à cause d’une thrombose, je pense à l’une de mes connaissances d’adolescence qui en est décédée, je pense aussi à une autre d’entre vous qui a développé des kystes ovariens, ou encore à la maman d’une autre qui a eu un cancer du sein. Ce n’est PAS anodin, et purée qu’est-ce que ça m’a soulagée d’avoir arrêté lorsque j’ai entendu les détails de vos histoires.

Je pense que c’est super important d’en parler, de parler des risques, de parler des conséquences et des dangers de la pilule, car ils ne sont pas minces, et peuvent coûter une vie.

Et après ?

Et après il faut bien sûr faire attention, car on peut assez vite tomber enceinte même après un arrêt comme ça. Protégez-vous toujours bien ! Utilisez dans un premier temps les bons vieux préservatifs, moyen simple et efficace, en attendant de trouver un moyen de contraception qui vous convienne et limite les risques pour la santé. Des possibilités de contraception non hormonale existent (je pense notamment au stérilet en cuivre). Parlez-en avec votre médecin ou gynécologue 🙂

Je vous parlerais des effets du sevrage brutal de la pilule. L’ayant arrêtée du jour au lendemain, pas mal d’effets peuvent arriver, en bien ou en mal, il faut en être consciente.

Rendez-vous donc d’ici quelques semaines pour toutes les infos !

EDIT: retrouvez les effets que j’ai eus après un mois, ici !

En attendant, je vous fais des bisous, et s’il vous plaît, faites attention à vous ♥

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5 commentaires sur “Pourquoi j’ai décidé d’arrêter de prendre la pilule

    • J’ai justement pensé que vu que j’avais aussi hésité longtemps, c’était important que je puisse aider les autres à prendre une décision aussi, faire pencher la balance, informer au moins sur ce qu’on ne voit pas toujours… Je suis contente que ça tombe aussi bien dans ta réflexion du coup !

  1. Merci pour cet article! J’y pense aussi beaucoup, ça me rend malade de prendre ce comprimé chimique chaque jour. J’ai hâte de voir comment tu le vis afin de pouvoir éventuellement anticiper les risques secondaires ou au contraire me rassurer sur ce point-là. On entend tellement d’éléments à ce sujet… J’espère que cela se passera/passe bien pour toi ♥

    • Merci pour ton commentaire ❤️ je compte faire un article par rapport à tout ça histoire d’informer sur les effets du sevrage, puis les avantages et inconvénients du fait d’arrêter la pilule, car bien que je sois convaincue de son arrêt, les effets doivent être évidemment pris en compte dans la décision d’arrêter !

  2. Ping : Ilovemyself - J'ai arrêté la pilule contraceptive : le bilan

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