S’accepter grâce à la chirurgie ? – Ma rhinoplastie

Avec les stars, les télé-réalités, on voit des personnes « parfaites » faire la une un peu partout, et pour se déculpabiliser, on se dit souvent que « ouais mais ça compte pas, elle est refaite de partout ». La chirurgie esthétique est alors vue comme un chemin de triche, qui n’est clairement pas du jeu, trop simple et par conséquent, honteux.

Oui mais… Qu’en est-il lorsqu’on se sent mal dans sa peau ? Lorsqu’on ne supporte plus de se regarder dans le miroir ? Que se passe-t-il quand un complexe devient tel, qu’il nous empêche de faire des choses que nous aurions pu faire ? Nous passons à côté de grandes opportunités, et on se morfond, toujours avec notre complexe…

Mon histoire

J’ai toujours eu un côté très « sociable » faisant en sorte que je n’ai jamais connu le rejet en tant que tel, au sens propre du terme. J’ai eu de la chance, j’étais en primaire dans une petite école de village, les gens y étaient plutôt sympathiques. Néanmoins, à partir de mes 10 ans, sans que je ne comprenne pourquoi, certains enfants ont commencé à m’appeler « la sorcière« . Les remarques sont devenues de plus en plus répétitives, les moqueries allant de bon train. Je gardais mes amis, qui me défendaient gentiment, mais il m’a fallu du temps pour comprendre qu’on se moquait de mon nez, en fait.

J’ai un jour pris un miroir, pour me tourner et pouvoir regarder dans un autre miroir, et voir qu’en fait, mon nez, il était grand, et avec une bosse, lui donnant une forme un peu crochue, d’où mon surnom de « sorcière ». Je devais avoir 11 ans environ quand j’ai fait cette constatation, et c’est devenu mon plus gros complexe. Une sacrée obsession même.

Je n’avais pas vraiment de quoi me plaindre hormis ce nez : j’étais une petite fille plutôt mignonne, sympa, rigolote, avec qui on aimait bien jouer (vive l’égo).

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Puis je suis entrée à l’école secondaire, dans une école qui ne faisait pas vraiment de cadeaux : les gens qui la fréquentaient étaient de bonne famille, assez « fiers » et très critiques également. J’ai subi pas mal de moqueries, de par ma petite taille à l’époque, et de par mon nez, encore et toujours ce nez. Ce complexe a alors grandi de plus en plus, jusqu’à ce que je me rende compte qu’il m’empêchait de m’épanouir.

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Le complexe allait jusqu’au point où, lors des présentations orales, je faisais attention à garder la tête bien de face. Quand j’allais rendre ma copie d’examen, j’essayais de ne pas me faire remarquer, que personne ne lève la tête et me voie de profil, et ne voie mon grand nez. J’avais une frange durant tout un moment, pour tenter de camoufler ma bosse. J’ai passé des heures devant le miroir, tenant un autre miroir en main, pour voir de quoi avait l’air mon nez de profil, et comprendre ce qui clochait : était-ce mon nez trop avancé ? Mon menton trop reculé ? Ma lèvre supérieure ? Je ne comprenais pas pourquoi j’avais ce « problème » et pas les autres. Je ne compte plus les soirées que j’ai passées dans mon lit à appuyer sur mon nez, en me disant qu’à force, ça changera sa forme. J’étais naïve peut-être, mais désespérée surtout.

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Dans les magazines, on nous parlait d’acceptation, et j’essayais de me dire qu’il y avait pire, que je n’avais pas à me plaindre. Sauf que… Çà continuait à me hanter. Devant les gens, j’avais cette impression horrible qu’on fixait mon nez, qu’on ne voyait que ça. J’en pleurais des remarques qu’on me faisait, même lorsqu’on essayait d’être gentil avec moi « mais tu sais, il n’est pas si grand que ça ».

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La décision

Vers mes 16 ans, j’ai commencé à jouer avec le programme photoshop. Je m’amusais à modifier des photos, changer la couleur des yeux et… Changer mon nez. J’ai un jour modifié mon nez d’une façon où je me suis trouvée réellement belle. Une première ! Ma décision était prise, j’en ai parlé à mes parents. D’abord en pleurant, mes parents ne comprenant pas réellement ma douleur qui durait depuis si longtemps, ensuite avec joie, en leur montrant ma photo modifiée. J’ai la chance d’avoir des parents géniaux qui, ni une ni deux, ont pris rendez-vous avez un chirurgien esthétique, et en quelques mois, tout était fait. Voici la photo en question :

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Le résultat

J’ai été opérée durant l’été, j’avais alors 17 ans, en hospitalisation de jour (one-day clinic), je suis donc rentrée le matin, pour ressortir le soir. L’opération a duré quelques heures, et le chirurgien m’avait bien expliqué ce qu’il allait faire. Mon nez étant à mon goût trop long et bossu, il l’a cassé, pour le redessiner, plus droit, et plus court au niveau du bout du nez. Il a bien pris en compte la forme de mon visage et tout le tralala qui va avec, pour que cela reste harmonieux.

Lorsque je me suis réveillée, c’était assez angoissant, car je ne savais pas respirer par le nez, il était bouché par des mèches, et j’avais un gros plâtre par-dessus, prenant une partie de mon front, et attaché sur mes joues. A voir, ça devait être assez impressionnant, car ma maman a pleuré lorsqu’elle m’a vue. Elle m’a quand même dit que je ressemblais à un « petit lion », ce qui ce jour-là m’a fait énormément plaisir, les lions ayant un nez très plat ! (haha)

Les jours qui ont suivis ont été parfois pénibles, car avoir un plâtre sur le visage et des mèches dans le nez, ce n’est pas le plus plaisant ! On m’a retiré les mèches 3 jours plus tard (un vrai soulagement, même si sur le moment ce n’est pas marrant DU TOUT), et le plâtre 10 jours plus tard. Il a fallu un peu de temps pour que mon nez se mette « bien en place », et notamment, j’avais l’impression que ma peau collait à mon os. Durant les semaines qui ont suivies, je ne pouvais pas avoir de chocs, sous peine que cela bouge, le sport m’était donc interdit.

Il faut savoir qu’une rhinoplastie n’est pas « fixe » dès le départ, le nez continue à « bouger », et le résultat final n’arrive qu’un an après, environ. Voici le mien :

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Entre temps, mon nez n’a plus vraiment changé (mes cheveux oui par contre, puisque je suis à nouveau blonde haha).

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Résultats sur ma vie

Depuis mon opération, j’ai beaucoup plus confiance en moi, et j’ose beaucoup plus me montrer. En fait, je me sens comme si j’avais toujours été telle que je suis, mais avant j’étais la seule à le voir, tandis aujourd’hui, tout le monde peut le voir. Cela n’a pas changé mes amitiés, ni mes relations sociales de manière générale, mais j’ose beaucoup plus de choses, j’ose parler à des inconnus, j’ai moins peur du jugement, je suis enfin à l’aise lors d’une présentation, je n’ai plus peur du regard de l’autre.

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Alors certes, certain(e)s diront que la chirurgie, c’est de la triche, mais jamais je ne regretterai ma décision, car elle a changé ma vie qualitativement, et l’a rendue plus simple par rapport à l’acceptation de moi-même.

Alors n’ayez pas honte d’avoir envie de passer par là si quelque chose vous complexe au point de vus empêcher de profiter de certaines opportunités. Foncez !

 

Pour les détails pratiques :
Mon chirurgien : Dr Michel Heymans (Brabant Wallon-Bruxelles)
Le prix : aux alentours de 3000e me semble-t-il.
Combien de temps ? 10 jours pour la convalescence en tant que telle.
Mais quelques semaines sans sport, et un an pour avoir le résultat final.

Des bisous ♥

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