La dépression, ou le monstre invisible

En Belgique, une personne sur dix souffrira de dépression au cours de sa vie. En quelques points-clés, la dépression, selon l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé), c’est :

  • un trouble mental courant qui touche mondialement plus de 300 millions de personnes.
  • la première cause d’incapacité dans le monde et contribue fortement à la charge mondiale de la maladie.
  • un trouble qui touche plus les femmes que les hommes.
  • un trouble qui dans le pire des cas peut conduire au suicide.
  • un trouble pour lequel des traitements efficaces existent. C’est donc un trouble qui se soigne #positivité.

La dépression, toujours selon l’OMS, est définie comme « un trouble mental courant, caractérisé par la tristesse, la perte d’intérêt ou de plaisir, des sentiments de culpabilité ou de faible estime de soi, des troubles du sommeil ou de l’appétit, d’une sensation de fatigue et d’un manque de concentration. »

Vous l’aurez bien compris, c’est un trouble incroyablement handicapant, et malheureusement trop présent dans le quotidien de bien trop de personnes. Vivre avec une dépression, c’est souffrir d’un trouble invisible, d’un trouble que beaucoup dénigrent, par manque de (re)connaissance ou parce que pour eux, ça semble facile, c’est la méthode Coué : « force-toi un peu et ça ira ! ». Mais ce n’est pas aussi simple…

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La dépression, c’est quoi ?

Le manque de motivation

La dépression nous donne énormément de mal à nous mettre en mouvement. On a du mal à se lever, à se coucher. On a du mal à sortir, à faire des choses parfois très simples du quotidien, comme manger, se laver, ranger.

Le manque de motivation s’étend à tous les domaines de la vie : on n’a plus envie de contacts, plus envie de répondre, plus envie de bouger même. Tout semble devenir un effort insurmontable, et s’en suit évidemment la culpabilité, dont on reparlera dans un autre point, celle de ne pas y arriver, alors que ça semble si simple pour les autres.

Le manque d’envies

La dépression c’est souffrir d’un manque d’envies, ce qui va nous mettre un peu à l’arrêt, comme si quelqu’un avait appuyé sur le bouton « pause » de nos envies, alors que nous ne le voulions pas. C’est parfois tout bêtement avoir faim, mais n’avoir envie de rien, et alors ne rien manger.

C’est assez dur de vivre avec un manque d’envies constant, de ne pas savoir ce qu’on veut manger, ou faire, ou dire. Être dans le brouillard, à chaque seconde, avoir du mal à parler, à sortir des idées, à tenir une conversation ou encore à se concentrer. Et je pense que le plus dur dans ce manque d’envie, c’est lorsqu’on arrive à l’étape où une des seules envies qu’on a, est celle que tout cela s’arrête.

La fatigue

Pour beaucoup de personnes souffrant de dépression, le sommeil est très affecté : on ne dort presque plus, ou alors au contraire on dort de trop. Dans les deux cas, cela s’accompagne d’une fatigue assez importante, qui contribue à entretenir plusieurs des autres symptômes (le manque d’envie et de motivation par exemple).

Être fatigué(e), ce n’est pas seulement avoir les yeux un peu lourds, non. Cette fatigue est telle que nos épaules semblent porter le poids du monde, et faire un pas devient un effort comparable à courir un marathon. C’est aussi pleurer pour un rien, parce que la fatigue joue sur nos nerfs. C’est mal interpréter les choses, c’est mal supporter ce qui nous arrive, c’est manquer de force pour pouvoir combattre ce trouble qui semble si complexe à foutre à la porte.

La culpabilité

On se sent coupable de notre état, coupable de dire non car on n’a pas la force de sortir, coupable de ne pas pouvoir être présent(e) pour les autres, coupable de ne pas se sentir assez fort(e) pour affronter notre vie et nos challenges, coupable de vouloir mourir.

Cette culpabilité, elle nous ronge, elle nous prend la moindre de nos pensées et de nos forces. Elle est comme un petit bonhomme qui ne quitte pas notre épaule, pour nous rappeler sans arrêt que « tu vois, elle, elle y arrive, toi pas », « tu vois, elle sourit, tu devrais faire pareil bête fille », « de toute façon c’est ta faute, si tu n’es pas assez bien, si tu n’y arrives pas, tu n’essayes pas assez fort ». Et ça nous tue à petit feu.

L’auto-destruction et l’auto-handicap (ou comment le cercle vicieux s’installe insinueusement)

On ne mange pas, ou trop, on se dénigre, on se fait du mal et on s’en sent coupable. Tout ça mène à une certaine auto-destruction, de soi-même, de son corps, de sa santé mentale, de sa vie. On s’auto-handicape car le trouble nous persuade que nous n’y arriverons jamais, alors on bousille tout d’avance pour éviter d’être déçu(e) par la suite.

Le fait de ne plus rien essayer, d’arriver à un état où nous prenons tout comme déjà raté, fait qu’on se met de moins en moins en mouvement, et nous avons donc de moins en moins de réussites, aussi petites soient-elles. C’est là que le cercle vicieux s’installe, car de plus en plus, on se sent nul(le), n’en valant pas la peine, on se voit tout rater, ou en tout cas ne rien réussir, alors on n’essaye plus, et on réussit encore moins, et ainsi de suite.

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S’en sortir ?

Les petits réussites

Il est difficile de se mettre en mouvement lorsqu’on souffre de dépression. C’est pourquoi lorsqu’on y arrive, il est important de le relever, et d’en être fier(e). C’est en réussissant de petites choses qu’on réussit sa journée, et c’est en réussissant chaque journée qu’on réussit sa vie.

« J’ai enfin réussi à ranger mes vêtements qui ont traîné pendant 3 semaines. Je n’ai pas réussi à nettoyer ma chambre. Mais j’ai quand même pu barrer une chose sur ma liste. »

« J’ai réussi à prendre une douche après trois jours sans. »

« J’ai réussi à me faire un vrai repas. Même si je ne l’ai pas entièrement mangé. J’ai au moins su le préparer. »

« J’ai réussi à sortir de chez moi. J’ai eu peur, c’était effrayant, mais j’ai réussi. »

Les routines

Il est important d’essayer de mettre en place de bonnes routines (pour avoir des conseils par rapport à cela, rendez-vous sur le lien de mon article portant sur les bonnes routines) afin de rythmer un minimum les journées. L’organisation permettra de donner un tempo pour tenter de remonter à la surface. L’important, ça sera de s’occuper avec ces routines.

Par exemple, le soir, avant de s’endormir, une routine pourrait être de lire une heure ou deux, puis de faire 10 minutes de méditation, et puis 5 minutes de relaxation. Le sport est également une routine très saine et un comportement réactif très bon à mettre en place.

Même s’il faut se forcer au début, il est important de s’y tenir, car réellement, cela vous aidera.

Let it go

On oublie la pression des autres, et celle qu’on se met soi-même. On apprend à laisser les choses aller.

L’acception est une étape importante : il va falloir accepter que nous avons des faiblesses, car nous sommes humains, et que cela est normal, mais que nous pouvons surmonter tout cela. Nous allons devoir apprendre à accepter que parfois, nous avons besoin d’aide, et que ce n’est ni honteux, ni abandonner, bien au contraire.

Et puis il va falloir apprendre également à laisser les choses aller, celles qu’on ne peut pas changer, les regrets, les remords, les déceptions, le passé et ce qu’on ne peut pas contrôler. Une fois qu’on ne se préoccupe plus de ce qu’on ne peut pas contrôler, une sacrée pression s’en va déjà, et la montagne semble déjà moins énorme, ou moins difficile à affronter.

Voir le positif

S’entourer de positif est une des meilleures choses à faire, que ça soit au niveau des films que vous regardez, des musiques que vous écoutez, des personnes avec qui vous passez du temps. Pensez positif, vivez positif. L’espoir est là, vous irez mieux.

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Et puis aussi, après tout ça, pour conclure, j’ai réussi à écrire cet article. Et je suis fière de ça.

Je vous renvoie bien évidemment vers un(e) professionnel(le) compétent(e) quand vous en ressentez le besoin, car demander de l’aide quand on sait reconnaître qu’on n’y arrive plus, ce n’est pas être faible, mais courageux.

N’oubliez pas que la souffrance ressentie passe, qu’elle n’est pas une fatalité et qu’elle peut être soulagée par différentes choses. N’oubliez pas qu’il y a toujours quelqu’un prêt(e) à vous tendre la main quelque part. N’oubliez pas que vous n’êtes pas seul(e). N’oubliez pas, surtout, que vous en valez la peine.

Si vous ressentez le besoin de parler, n’hésitez pas à vous rendre ici.

Des bisous ♥

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