On m’a dit…

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Un jour, on m’a dit que j’étais trop grosse. Pourtant j’étais loin de ces femmes dont on fait le fat shaming. J’ai fait régime. C’est ce que toute gamine de 14-15 ans aurait fait après une remarque pareille. Je suis tombée dans des travers alimentaires. J’ai acheté pour des centaines d’euros de pilules brûle-graisse soit disant efficaces et de draineurs minceurs soit disant miracles. Je n’ai plus assez mangé, puis parfois trop aussi. J’ai jeûné, et j’ai crisé.

On m’a dit alors que mes fesses étaient trop plates et mon ventre trop gras. On m’a dit que j’avais de la cellulite sur mes grosses cuisses, et que c’était moche. Je me suis mise à faire des exercices seule le soir dans mon lit, pour espérer avoir, moi aussi, un ventre plat. En plus d’un régime drastique, j’ai essayé de me dépenser physiquement autant qu’il m’en était possible.

On m’a dit alors que j’étais trop maigre, qu’on voyait mes os, que c’était moche. Alors j’ai mangé, mangé à m’en faire péter la panse. J’ai crisé encore et encore. J’ai pris beaucoup de poids et je suis devenue flasque. Grosse ou maigre, je ne trouvais pas ma place, et visiblement, les gens ne savaient pas s’accorder sur ce à quoi ils voulaient que je ressemble, puisqu’ils avaient toujours quelque chose à dire.

Je me suis sentie mal. Je me suis détestée des années durant. Ces remarques qui nous laissent des cicatrices, nous blessent à vie, ne sont pas anodines.

J’ai grandi, j’ai avancé et je me suis surtout reprise en main. Sport, alimentation saine et équilibrée. J’ai banni le mot « régime » de mon vocabulaire à tout jamais, parce qu’il ne rend que malheureux. J’ai appris les quantités raisonnables à manger. J’ai appris que les calories ne comptent pas, mais bien les nutriments. J’ai appris que le poids n’était qu’un chiffre et qu’il ne nous définissait en aucun cas. J’ai appris qu’il est important de chouchouter son corps pour être en bonne santé et en forme.

On m’a alors dit que j’étais trop maigre. Pourtant je suis loin de ces femmes dont on fait le skinny shaming. Mais aujourd’hui je ne changerai plus rien. Je suis heureuse telle que je suis, je me suis acceptée dans mon entièreté et avec le corps que j’ai.

Peu importe ce à quoi vous ressemblerez, il y aura toujours quelqu’un qui vous trouvera trop, ou pas assez. Aimez-vous vous-même. C’est la seule chose qui importe : se plaire à soi-même. Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas, chacun son avis personnel. On ne changera pas non plus la société et ses « normes » de beauté. Cette société tyrannique qui nous prescrit d’avoir une taille de guêpe avec un cul à la Kim K et une poitrine 75F. Si on ne peut pas la changer, on peut malgré tout se faire entendre, et dire qu’on ne se laissera pas faire, qu’on ne laissera pas écraser. Décidons de ne pas s’écraser. Décidons d’avoir le corps que NOUS aimons, et nous uniquement. Décidons de ne plus jamais pleurer pour une remarque qu’on nous fera, ou pour un corps auquel nous ne ressemblons pas.

Il n’y a pas un « corps type », il n’y a pas LE corps qui représente la féminité, la beauté, la minceur, les formes. Nous sommes des millions et il y a tout autant de corps différents. Et c’est bien là notre beauté : nous sommes différents, nous sommes uniques. Puis surtout, nous sommes magnifiques dans cette singularité. Que vous ayez des formes, ou que vous soyez filiformes, que vous ayez une morpho en poire, en 8, en triangle inversé, qu’il vous manque un sein, ou que vous ayez des cicatrices, des vergetures, des marques du temps, VOUS ÊTES FÉMININES ET MAGNIFIQUES !

Relevez la tête, regardez droit devant vous : il est temps de dire stop aux jugements corporels. Il est temps de ne plus se laisser toucher par les commentaires des gens. Parce que ça nous a trop détruit, trop fait pleurer. Ca gâche une jeunesse, ça a gâché la mienne. Ca gâche de l’argent, ça gâche une personne. Personne ne mérite d’être gâché par des mots.

AIMEZ-VOUS VOUS-MÊMES ♥

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